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Trophées CISJE

ISDE : l’histoire en bref


Nés en 1903 en Grande-Bretagne sous l’appellation « Six Jours d’Endurance », les Six Jours furent la première manifestation internationale organisée sous l’égide de la FIM (FICM à l’époque) en 1913 sous le nom de Six Jours Internationaux de Régularité. A l’origine, l’équipe du Trophée était composée de trois pilotes du pays pour lequel ils couraient, mais ils devaient également piloter des machines fabriquées dans leur propre pays, et chaque équipe devait inclure un sidecar ou cyclecar. Comme ces critères limitaient la participation des pays (2 en 1913, 4 en 1920), le Vase d’Argent fut introduit dès 1924, avec quatre pilotes par pays, l’origine de la moto étant libre. Une équipe qui perdait un pilote lors de la compétition perdait également toute chance de bien figurer au classement.

Après la première compétition, organisée à Carlisle, dans le nord de l’Angleterre, la Première Guerre Mondiale interrompit toutes les activités sportives (et d’autres aussi), qui recommencèrent dès 1920. Le lieu choisi fut celui prévu pour 1914 – évidemment annulé à l’époque -, soit la région autour de la ville de Grenoble (France). La compétition fut remportée par la Suisse, qui avait des motos construites sur son sol telles que Motosacoche et Condor. L’équipe suisse gagna les Six Jours en 1921 et 1922 sur son territoire. Pour 1923, l’Union Motocycliste Suisse céda son droit d’organisation à la Suède et la Norvège. L’équipe de Suède remporta l’épreuve, mais une grande controverse surgit au sujet de l’interprétation des règles (voir l’article sur la page Rétro du site).
La Belgique organisa l’épreuve de 1924, qui vit les Britanniques de retour au sommet alors que la Norvège remportait le premier « Vase d’Argent ». Ensuite, de 1925 à 1929, la Grande-Bretagne gagna le Trophée et le Vase d’Argent (toutes les manifestations eurent lieu dans leur pays). En 1930, les choses changèrent. Sur un parcours tracé en France et en Italie, les Italiens arrivèrent premiers lors de leur première participation officielle aux Six Jours, remportant le Trophée alors que la France remportait le Vase.

A Merano, l’Italie répéta sa victoire en 1931 tandis que l’équipe néerlandaise gagnait le Vase d’Argent pour la première fois. Mais dès 1932, pratiquement tout l’espace fut occupé par la Grande-Bretagne et l’Allemagne, dans une bataille qui s'est rapidement avérée représenter aussi un prestige politique. Les Six Jours de 1939, organisés près de Salzburg, s’achevèrent sur une double victoire allemande mais les résultats ne furent pas approuvés, car le Jury ne put jamais se réunir à la fin de la manifestation (l’équipe britannique avait quitté l’épreuve le quatrième jour).

Les choses repartirent en 1947 quand la Tchécoslovaquie proposa d’organiser l’épreuve et, de manière surprenante, remporta le Trophée et le Vase; le pays n’était pas encore sous régime communiste et le Rideau de Fer ne s’était pas encore refermé. Cependant, la situation allait bientôt changer, se transformant en une sorte d’affrontement entre l’Est et l’Ouest de l’Europe… Soutenus par leur industrie (Jawa, CZ…), les Tchèques maintinrent leur avantage et commencèrent à accumuler les victoires (fréquemment des doubles victoires), rejoints dans les années soixante par les Allemands de l’Est (pilotes MZ et Simson). L’Allemagne de l’Ouest et ensuite l’Italie parvinrent à interrompre la série de victoires des Tchèques jusqu’au début des années 60. La Grande-Bretagne finit par disparaître des premières places après leur dernière victoire en 1953, mais ils restent encore détenteurs du plus grand nombre de victoires dans le Trophée : 16 – une de plus que les Tchèques et deux de plus que les Italiens.

Après la domination des Allemands de l’Est dans les années 60, la Tchécoslovaquie regagna la première place du classement de 1970 à 1974 ne perdant que le Vase d’Argent en 1973 face à l’équipe hôte, les Etats-Unis. Puis leur bagarre contre l’Italie et l’Allemagne de l’Ouest ne tourna pas toujours en leur faveur. Après avoir partagé les Trophées, l’Italie remporta les deux en 1981. Les Tchèques gagnèrent leur dernier Trophée en 1982, laissant le Vase d’Argent à l’Allemagne de l’Est. L’année suivante ce fut au tour de la Suède de conquérir son premier Trophée depuis celui de 1923, et son premier doublé – au Pays de Galles. Dès les années 80 et jusqu’à aujourd’hui, la bagarre reste chaque année très équilibrée. L’Italie, la Suède, puis la Finlande, la France, l’Espagne et les Etats-Unis restent au sommet. Parmi les constructeurs prenant part à l’Enduro, les principaux restent les Européens – même si les marques de l’ancienne Europe de l’Est telles que MZ, Jawa ou CZ ont disparu ou presque depuis 1990 – comme KTM et Husqvarna – et également certains Japonais comme Yamaha ou un mélange des deux comme HM Honda. Les lieux ont également progressé hors d’Europe depuis la manifestation de 1973 aux Etats-Unis : l’Australie en 1992, les USA en 1994, l’Australie à nouveau en 1998, le Brésil en 2003, le Chili en 2007, le Mexique en 2010. Des équipes de tous les continents y participent aujourd’hui. Les Six Jours sont réellement devenus mondiaux.

Les Six Jours ont pris le nom d’Enduro en 1980 (les ISDT sont devenus ISDE). Le Vase d’Argent fut rebaptisé Trophée Mondial Junior dès 1985. La plus ancienne compétition tout terrain dans le monde a énormément évolué au cours des années. Une équipe du Trophée mondial est composée de six pilotes, celle du Trophée Junior de quatre pilotes et celle de la Coupe Féminine de trois. Traditionnellement, la compétition se termine le sixième jour par une course de motocross où c’est le chronomètre qui est important et non pas la place. Comme les pilotes d’Enduro sont très proches les uns des autres, le cross final joue un rôle important à la fin de la compétition. Les Six Jours rassemblent généralement les meilleurs pilotes du monde présents en Championnat du Monde, mais également des pilotes de Fédérations plus modestes. Il y a donc des pilotes professionnels et des amateurs qui courent ensemble pendant une semaine car il n’y a pas de niveau requis pour accéder à la compétition. En 2009, 24 nationalités représentées par 450 pilotes ont pris le départ des Six Jours.